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Études d’impact 2012 à 2025

Depuis 2012, Tango&Scan a fait ses preuves

Créé en 2012 par la Communauté urbaine de Strasbourg, devenue Eurométropole, Tango&Scan soutient des projets menés à deux ou plusieurs entre les industries créatives, le numérique et les secteurs traditionnels. Quatre études du BETA (Université de Strasbourg / CNRS) ont mesuré ce que ce dispositif produit réellement sur le territoire.

Bilan consolidé des quatre études d’impact réalisées par le BETA en 2016, 2018, 2019 et 2025 pour l’association accro, avec le soutien de l’Eurométropole de Strasbourg.

Deux porteurs de projet lauréats présentent leur solution au micro devant un écran
© Nicolas Dietrich

L’essentiel en quatre points

Quatre millions d’euros cumulés en quatorze éditions, c’est peu à l’échelle d’une politique publique. Les effets mesurés sont sans rapport avec ce volume. Toutes les estimations qui suivent ont été établies sur une base volontairement minimaliste : ce sont des planchers, pas des maximums.

  • Un euro public en mobilise trois

    Sur 2012 à 2023, le chiffre d’affaires généré chez les bénéficiaires atteint au minimum 5,4 millions d’euros, et de 6,3 à 9,5 millions selon les hypothèses d’extrapolation. Un emploi revient à environ 16 700 euros de financement.

  • Le levier se renforce avec le temps

    Entre la première période évaluée (2012 à 2016) et la seconde (2017 à 2023), le ratio économique progresse et le coût par emploi est divisé par deux.

  • Le tissu local se densifie

    Le dispositif met au travail ensemble des acteurs qui ne se croisent pas spontanément. Plus d’un tiers des lauréats signent là leur toute première collaboration, et la communauté cumulée approche 550 acteurs différents.

  • Sans lui, les projets n’existent pas

    Interrogés sur ce qu’il serait advenu de leur projet sans Tango&Scan, 99 à 100 % des lauréats répondent qu’il n’aurait pas vu le jour ou qu’il serait resté très en deçà de ce qu’il est devenu.

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Comment fonctionne Tango&Scan

Le dispositif a été créé en 2012 par la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS), devenue Eurométropole de Strasbourg en 2015, qui en reste le financeur principal. L’association accro le pilote : instruction des candidatures, jury, accompagnement des lauréats.

Tango&Scan s’inspire des creative vouchers néerlandais et britanniques, avec une différence de principe : il ne finance pas des acteurs isolés mais des mariages entre partenaires venus d’univers différents. Ce sont les partenariats qui sont récompensés, pas les projets individuels, pour provoquer des rencontres entre secteurs qui s’ignorent le reste de l’année.

  • Économique

    Innovation, création de valeur et emploi dans les filières créatives et numériques.

  • Écosystémique

    Densification du maillage de coopérations entre acteurs et secteurs du territoire.

  • Culturelle

    Accompagnement des projets situés à la jonction des modèles économiques et artistiques.

Candidatures et lauréats, édition par édition Candidatures Lauréats

693 candidatures pour 282 lauréats, soit environ 4 dossiers retenus sur 10. La demande reste forte et régulière. Depuis 2022, le nombre de lauréats a été resserré à 14 à 16 par an contre une vingtaine auparavant, à enveloppe stable.

Dotation versée par édition

Entre 200 000 et 386 000 euros selon les années, pour un cumul de 4 003 000 euros.

Le détail des 14 éditions

Thématique, candidatures, lauréats, dotation et parties prenantes par édition. EMS : Eurométropole de Strasbourg. Source : base de données Tango&Scan (accro).

AnnéeÉditionThématiqueCand.LauréatsDotationParties prenantes
2012TS1Généraliste5820200 000 €CUS, Iconoval
2013TS2Généraliste4821220 000 €CUS
2014TS3Open Data4123270 000 €CUS, DIRECCTE
2015TS4Généraliste7217260 000 €EMS, DIRECCTE
2016TS5E-tourisme5622295 000 €EMS
2017TS6Mobilité intelligente4931354 000 €EMS, Metz, Nancy
2018TS7Économie verte6026386 000 €EMS, Metz, Nancy, Mulhouse Alsace
2019TS8Généraliste5222346 000 €EMS, Metz, Nancy, Mulhouse Alsace
2020TS9Généraliste6722346 000 €EMS, Metz, Nancy, Mulhouse Alsace
2021TS10Données spatiales4120314 000 €EMS, Metz, Nancy, CNES, Booster RhineSpace
2022TS11Thématique verte3914250 000 €EMS, Karlsruhe
2023TS12Lire notre monde3014262 000 €EMS, Karlsruhe
2024TS13Intelligence artificielle3114250 000 €EMS, Karlsruhe, EM Strasbourg
2025TS14Bois local et métiers d’art4916250 000 €EMS, PNR des Vosges du Nord
Total14 éd.6932824 003 000 €

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Qui finance le dispositif

Financeur principal

L’Eurométropole de Strasbourg finance l’enveloppe principale depuis la première édition, sous son nom actuel comme sous celui de Communauté urbaine.

14 éditions financées sans interruption depuis 2012

4 003 000 € de dotations versées aux lauréats

Partenaires

Le plus souvent autour de la thématique de l’année, en élargissant le territoire couvert ou en dotant des prix spéciaux.

  • 2012Iconoval

    Le pôle image alsacien accompagne la première édition aux côtés de la CUS.

  • 2014-2015DIRECCTE

    Un prix spécial de 10 000 € sur l’édition Open Data, puis un soutien à l’édition suivante.

  • 2017-2021Metz, Nancy

    Cinq éditions ouvertes aux métropoles lorraines : mobilité intelligente, économie verte, données spatiales.

  • 2018-2020Mulhouse Alsace Agglomération

    Trois éditions élargies au sud de l’Alsace, aux côtés de Metz et Nancy.

  • 2021CNES, Booster RhineSpace

    Édition « Données spatiales », montée avec l’agence spatiale française et le booster régional.

  • 2022-2024Karlsruhe

    Trois éditions transfrontalières. L’EM Strasbourg rejoint 2024 sur l’intelligence artificielle.

  • 2025PNR des Vosges du Nord

    Trois prix spéciaux Bois local de 4 500 € chacun, soit 13 500 €, et un territoire qui devient éligible.

L’édition 2026, consacrée à l’eau, est en cours : 15 lauréats, avec le PNR des Vosges du Nord, l’ENGEES et le pôle Aquanova.

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Comment le dispositif a été évalué

Quatre études successives ont été conduites par le BETA (Bureau d’économie théorique et appliquée, Université de Strasbourg / Université de Lorraine / CNRS / AgroParisTech-INRAE), laboratoire spécialisé dans l’évaluation des programmes publics de soutien à la recherche et à l’innovation. La dernière, remise en novembre 2025, a été réalisée par Laurent Bach, Zoé Kleinpeter, Patrick Llerena et Chimène Nuicer, sous la direction de Laurent Bach.

  • 107entretiens directs, de 45 minutes à 3 heures
  • 35réponses complémentaires par questionnaire en ligne
  • 150projets couverts, soit 85 à 90 % des financements versés

Quatre études, douze éditions évaluées

La première étude, en 2016, portait sur les éditions 2012 à 2015. La deuxième, en 2018, sur l’édition 2016. La troisième, en 2019, sur l’édition 2017, est restée non publiée jusqu’ici. La quatrième, remise en 2025, évalue les éditions 2022 et 2023, reprend un échantillon représentatif des éditions 2018 à 2021 et intègre les résultats antérieurs. Elle permet de comparer deux périodes, 2012 à 2016 et 2017 à 2023.

La méthode BETA, adaptée aux industries créatives

L’approche repose sur des enquêtes microéconomiques menées directement auprès des acteurs des projets. Elle mesure d’abord les effets économiques, chiffre d’affaires et emplois, puis les apprentissages : compétences scientifiques et techniques, visibilité et compétences commerciales, organisation et management, réseaux de collaboration, positionnement stratégique et modèle d’affaires. Elle distingue systématiquement les effets directs, qui correspondent aux objectifs du projet, des effets indirects, qui les débordent.

Le questionnaire, en ligne, sert aussi de trame aux entretiens. Il a été révisé pour l’étude 2025 sans rompre la comparabilité avec les données des études précédentes.

Ce que mesure une évaluation classique

Chiffre d’affaires et emplois directement liés au projet financé.

Ce que le BETA a mesuré en plus

  • Montée en compétences
  • Visibilité et image
  • Réseaux et coopérations durables
  • Réorientations stratégiques
  • Renouvellement de la communauté

Périmètre

  • Seuls les projets soutenus par l’Eurométropole sont couverts. Ceux financés par les autres partenaires en sont exclus.
  • Les projets relevant du financement spécifique Open Data ne sont pas comptabilisés.
  • Les candidats non retenus n’ont pas été enquêtés, faute de moyens.

Échantillon

  • 189 participations, assurées par 136 lauréats différents, soit un tiers de la population totale.
  • 150 projets couverts, représentant 2,06 M€ de financement versé.
  • Représentativité satisfaisante par taille, secteur et statut juridique, plus faible sur les éditions 2018 à 2021.

Lecture prudente des chiffres. Une estimation minimale était systématiquement demandée aux personnes interrogées. Toutes les valeurs économiques de cette page reposent donc sur les hypothèses les plus basses : les ordres de grandeur réels leur sont supérieurs.

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Impact économique

5,4 M€

de chiffre d’affaires généré chez les bénéficiaires sur 2012 à 2023, dans l’hypothèse la plus basse. Les extrapolations situent le montant entre 6,3 et 9,5 M€.

Rapporté aux financements versés, le ratio se situe entre 2,65 dans l’hypothèse la plus basse et 4,75 dans la plus haute. Le BETA retient environ 3 euros de chiffre d’affaires pour 1 euro public comme hypothèse réaliste. Un projet sur deux génère du chiffre d’affaires, et les retombées se concentrent, comme souvent, sur un petit nombre de projets à fort impact. Aucun lien net n’apparaît entre le montant du financement reçu et le chiffre d’affaires généré.

Le dispositif intervient au tout début de l’histoire des projets, là où le financement est le plus difficile à trouver. Pour 30 à 37 % des lauréats, le projet n’aurait simplement pas existé sans lui. Pour la quasi-totalité des autres, il serait resté nettement plus limité.

Même certains projets interrompus ont fini par produire des retombées, grâce aux compétences acquises et aux relations nouées en chemin.

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Impact sur l’emploi

123

emplois en équivalents temps plein créés ou maintenus, dans environ un tiers des projets

Un emploi pour environ 16 700 euros de financement. Ces emplois sont comptés au-delà de la période de financement, ce qui en fait un indicateur de consolidation réelle de l’activité et pas seulement d’un effet d’aubaine.

La création d’emploi est statistiquement liée à la génération de chiffre d’affaires. Les très petites structures, de 1 à 5 salariés, concentrent l’essentiel de l’effet sur l’emploi ; celles de plus de 10 salariés, l’essentiel de l’effet sur le chiffre d’affaires.

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Compétences et accès aux marchés

Ce que les lauréats retiennent de l’expérience dépasse largement le résultat financier immédiat. Ils déclarent, à la sortie du projet :

  • Apprentissage technique et scientifique83 %
  • Gain de visibilité, d’image et de compétences commerciales78 %
  • Progrès en gestion de projet et en organisation63 %
  • Réorientation stratégique ou de modèle économique59 %

Des productions de plus en plus variées

Aux débuts du dispositif, les projets étaient surtout numériques. Ils se répartissent aujourd’hui entre productions matérielles (37 %), mixtes (33 %) et numériques (22 %), les projets culturels et artistiques restant présents. Près des deux tiers des projets achevés débouchent sur un bien ou un service nouveau ou amélioré.

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Coopérations : l’effet le plus distinctif

C’est la raison d’être du dispositif : faire travailler ensemble des acteurs qui ne se connaissaient pas. Pour plus d’un tiers des lauréats, la collaboration nouée est une première.

  • 75 %

    des collaborations entre co-lauréats se poursuivent après le projet financé, sur la période 2017 à 2023. Deux tiers, même lorsque les partenaires ne se connaissaient pas du tout.

  • 57 %

    des lauréats poursuivent une coopération avec un partenaire nouveau sur 2017 à 2023, contre 50 % sur 2012 à 2016. C’est le cœur de l’effet structurant.

  • 90

    prestataires locaux au moins ont été mobilisés par les projets sur la période récente, pendant et après le financement.

Ces effets débordent le cadre des projets eux-mêmes. Les lauréats citent aussi la participation aux manifestations d’accro, une meilleure connaissance du tissu local et une capacité accrue à nouer des contacts.

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Une communauté qui se renouvelle

À chaque appel à projets, 84 % des lauréats n’avaient jamais été lauréats auparavant. Le dispositif ne profite pas à un cercle fermé : entre 2012 et 2025, 544 entités différentes, porteurs et partenaires confondus, ont participé à au moins un projet. Le BETA compte de son côté 417 lauréats différents entre 2012 et 2024, un vivier qui s’élargit d’environ 6 % par an depuis 2020.

Communauté cumulée d’acteurs, 2012 à 2025
544 acteurs 20122014201620182020202220242025

Nombre cumulé de porteurs et partenaires différents ayant participé à au moins un projet. Source : base de données Tango&Scan (accro), 2012 à 2025.

Les lauréats décrivent Tango&Scan comme un « concrétisateur de projet », un « catalyseur », un « booster » qui fait passer de l’idée à la réalisation. Ils le jugent simple, accessible et non élitiste.

Verbatims relevés dans les entretiens du BETA

À côté des effets mesurables, les études relèvent quantité de nano-effets bien réels : des start-up lancées, des micro-entreprises sauvées, des rencontres improbables. La quasi-totalité des lauréats se déclarent prêts à recandidater.

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Ce qui a changé entre les deux périodes

La comparaison des deux périodes évaluées, 2012 à 2016 puis 2017 à 2023, donne la mesure de l’évolution du dispositif.

  • Effet de levier

    2,80 €2,97 €

    de chiffre d’affaires pour 1 € investi

  • Coût par emploi

    28 k€13,5 k€

    de financement par emploi

  • Nouvelles coopérations

    50 %57 %

    des lauréats avec un partenaire nouveau

Valeurs 2012 à 2016, puis 2017 à 2023.

Ce qui se renforce

  • L’efficience économique, avec un meilleur rendement par euro investi et un coût par emploi en forte baisse.
  • L’intensité des apprentissages techniques et des réorientations stratégiques.
  • Les partenariats entre acteurs et secteurs qui ne se connaissaient pas.

Ce qui demande de la vigilance

  • Une professionnalisation accrue qui peut, selon certains lauréats, durcir la sélection au détriment des projets plus culturels ou artistiques.
  • Un effet plus faible sur les rencontres hors projet, au-delà des partenariats financés.
  • Une notoriété encore limitée du côté de l’art et de l’artisanat.

Le dispositif est arrivé à maturité. Son efficacité économique se confirme, et l’enjeu se déplace vers la préservation de sa diversité et l’élargissement de son rayonnement.

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Cinq pistes pour aller plus loin

Elles ressortent des résultats consolidés et des retours des bénéficiaires, et visent à consolider le dispositif sans lui faire perdre ce qui le distingue.

  1. Sécuriser le financement dans la durée

    Avec un rendement de l’ordre de 3 euros par euro investi, le dispositif justifie une visibilité budgétaire pluriannuelle.

  2. Préserver la diversité des projets

    Tenir l’équilibre entre les projets à fort potentiel économique et ceux à dimension culturelle ou sociétale, en reconnaissant d’autres formes de valorisation que le chiffre d’affaires.

  3. Élargir le rayonnement

    Aller chercher les milieux encore peu touchés, écoles d’art et artisanat en particulier, et mobiliser d’anciens lauréats comme ambassadeurs.

  4. Animer la communauté

    Relancer un annuaire des lauréats et proposer coaching et parrainage, pour prolonger l’effet réseau au-delà des projets financés.

  5. Poursuivre l’évaluation

    Suivre les cohortes dans le temps pour documenter les effets de long terme et affiner le pilotage.

Sources et méthode

Étude des impacts du dispositif Tango&Scan, BETA (Bureau d’économie théorique et appliquée, Université de Strasbourg / Université de Lorraine / CNRS / AgroParisTech-INRAE). Étude 2025, éditions 2022-23, rapport final v.1, novembre 2025, par Laurent Bach, Zoé Kleinpeter, Patrick Llerena et Chimène Nuicer, sous la direction de Laurent Bach, avec l’appui de Madeleine Hubert et Léo Bissey (accro). Études précédentes : 2016 (éditions 2012 à 2015), 2018 (édition 2016) et 2019 (édition 2017, non publiée). Données d’activité et de financement : base de données du dispositif (accro, 2012 à 2026).

Les estimations économiques ont été établies sur une base volontairement minimaliste. Les ordres de grandeur réels leur sont supérieurs.

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